Navigation sur la Seine Maritime


Les pilotes Maritimes

Les pilotes maritimes français sont au nombre de 340, exerçant leur métier au sein de 32 stations. Ils constituent un personnel commissionné par l’Etat, généralement regroupés en syndicat professionnel. Dans chaque station, un règlement local fixé par voie d’arrêté du Préfet de Région définit la zone de pilotage obligatoire, la composition du matériel nécessaire à l’exécution du service, les tarifs de pilotage ainsi que le niveau des effectifs.

En Seine, les pilotes sont au nombre de 59, affectés traditionnellement à la section Amont ou à la section Aval. Depuis 1999, une nouvelle organisation interne a conduit les jeunes pilotes à exercer leur métier indifféremment à l’amont ou à l’aval ; cette formation permet d’absorber des pointes de trafic dans une section. Les pilotes sont tous titulaires d’un brevet de Capitaine de 1ère Classe de la Navigation Maritime (C1NM) et ont navigué au large pendant une dizaine d’années avant de passer, avant l’âge limite de 35 ans, un concours de pilotage.

L’article n°1 de la loi du 18 mars 1928 définit le pilotage comme « l’assistance donnée au Capitaine par un personnel commissionné par l’Etat pour la conduite des navires à l’entrée et à la sortie des ports, dans les ports, rades, et eaux maritimes des fleuves et canaux. »



Montée pour un coefficient de marée de 95

Les navires remontent la Seine en profitant du courant portant de la marée, c’est pourquoi ils naviguent en quelque sorte « en convoi ». Les navires qui ont un petit tirant d’eau (jusqu’à 7m environ) engainent le chenal 1h30 après la Basse Mer du Havre (BMH) et peuvent gagner Rouen avec un courant favorable, de 2 à 6 nœuds en moyenne suivant le coefficient de la marée.

Un petit navire dont la vitesse propre est de 12 nœuds (1 nœud=1,852km/h) mettra environ 5 heures pour atteindre le bas du port. Les navires de tirant d’eau supérieur attendront « d’avoir leur eau » pour engainer. Un navire calant le maximum autorisé pour la marée engaine environ 60 à 90 minutes avant la Pleine Mer du Havre (PMH), de manière à arriver à Rouen 7 à 8 heures plus tard, tandis que le courant de jusant s’est déjà établi dans le port.




Merci à Mr MACCUR du GPMR pour la vidéo


Descente pour un coefficient de marée de 95

Un navire est considéré comme tard de marée s’il va effectuer toute sa remontée à contre courant: il attendra au mouillage sur rade la prochaine marée si sa vitesse ne lui permet pas d’arriver à Rouen au moins 2 à 3 heures avant la marée suivante.

Les navires descendants, quelle que soit l’heure à laquelle ils quittent Rouen, rencontrent systématiquement les 2 formes de courant : flot et jusant ou jusant et flot. Ceci est dû à la physionomie même du phénomène de marée : à l’heure de la BMH, tandis que l’estuaire s’apprête à être envahi par la marée venant de l’Ouest, le niveau de l’eau à Rouen est sensiblement celui de la pleine mer locale, il a même commencé à baisser, le courant de jusant se faisant sentir à Rouen 2h avant BMH. C’est aux environs de cette heure que les navires ayant un fort tirant d’eau vont larguer leurs amarres dans le port et descendre la rivière jusqu’au seuil qui empêchera leur progression et qui nécessitera donc d’y attendre l’arrivée du flot et la montée du niveau de l’eau. Cette prise de flot, pour les gros navires, a lieu juste à l’aval de Villequier, la poursuite de la descente jusqu’à l’estuaire durera environ 4h, la sortie sur rade ayant lieu grosso modo 2h après PMH. Un navire dont le tirant d’eau n’est pas supérieur à 6m50 peut appareiller de Rouen à n’importe quelle heure de la marée.




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