Services aux agents

Organisation de la station

Les quelque 340 pilotes maritimes français exercent leur métier au sein de 32 stations présentes dans chaque port de commerce. Commissionné par l’Etat,  ils sont organisés en syndicats professionnels. Cette organisation leur permet d’assurer eux-mêmes la gestion de leur station en conformité avec un Règlement Local fixé par voie d’arrêté du Préfet de Région qui définit, entre autres, la zone de pilotage obligatoire, la composition du matériel nécessaire à l’exécution du service, les tarifs de pilotage, ainsi que le niveau des effectifs. Les pilotes de chaque station sont propriétaires à parts égales du matériel et mettent en commun les recettes provenant exclusivement du service rendu aux navires, une fois retirés les frais afférents à l’amortissement, l’entretien et l’exploitation du matériel et le paiement des rémunérations de leurs salariés. La santé financière d’une station de pilotage est donc fortement liée à l’importance de trafic du port. L’exclusivité du service leur est attribuée dans tous les ports de France (c’est le cas également de l’immense majorité des ports mondiaux) en contrepartie de certaines obligations parmi lesquelles la permanence du service.

Cette situation garantit, en dissociant la prestation de pilotage de certaines pressions économiques, l’égalité des navires vis-à-vis de l’accès et de la qualité du service. Les tarifs, publics, sont négociés annuellement avec les acteurs portuaires avant d’être validés par les pouvoirs publics. La station de la Seine compte 59 pilotes (mai 2012), répartis, compte tenu de l’étendue de la zone de pilotage, en deux sites, amont et aval. Les navires utilisent deux pilotes pour effectuer les 120 kilomètres de trajet entre Rouen et la mer. Le point de relève est situé à Caudebec en Caux, soit approximativement à mi-chemin, ce qui permet de limiter la durée des opérations de pilotage à un maximum de 5 heures. Cette organisation est motivée par un souci de sécurité, le risque d’accident par perte d’attention croissant rapidement au-delà de ces durées, particulièrement lors des opérations nocturnes.

S’adapter à l’environnement

Depuis 1999, une évolution de l’organisation interne a conduit les pilotes à exercer leur métier à l’amont ou à l’aval. Cette polyvalence permet d’augmenter la disponibilité des pilotes pour absorber les pointes de trafic en cas de déséquilibre de trafic dans l’un ou l’autre site. Les 51 salariés de l’entreprise du Pilotage de la Seine se répartissent en 32 navigants et 19 sédentaires.

En plus des postes communs à toutes les entreprises, comptabilité, secrétariat, etc. un service d’accueil des navires, des agents et des armateurs est prévu. Faisant partie intégrante du « Vessel trafic service » de la Baie de Seine, ce service est permanent au Havre et ouvert de 6h00 à 21h00 tous les jours à Rouen. Quant aux marins, ils pourvoient à l’armement permanent d’une vedette au Havre et d’une vedette de rivière à Caudebec et à celui d’une seconde vedette de renfort pendant chaque marée. Ils arment également la vedette réservée aux quelques 250 journées de sondages annuelles dont la station de pilotage a la charge.

Contrairement aux autres ports dans lesquels il s’agit de missions du ressort des autorités portuaires, les pilotes de Seine sont chargés de réguler le trafic et de fixer les tirants d’eau maximum admissibles en Seine. Ces deux particularités entraînent une organisation spécifique : deux pilotes détachés du service aux navires, un dans chaque site du Havre et de Rouen, sont chargés de ces tâches (ils sont appelés « pilotes major »). Pour s’en acquitter, il est nécessaire d’une part de concilier la prise en compte des marges de sécurité dictée par les conditions nautiques et environnementales et l’efficacité de l’écoulement du trafic pour répondre dans les délais les plus brefs aux demandes de nos clients et ainsi limiter les durées d’immobilisation des navires à quai et, d’autre part, d’être extrêmement réactifs aux variations continuelles des fonds aux abords de l’estuaire. Il est souvent nécessaire de faire intervenir les moyens de dragage du port. La qualité des sondages réalisée par les équipes du pilotage, corrélés par ceux établis par le GPMR, nous permet d’optimiser les opérations de dragage et de diminuer les volumes de sédiments en ciblant très précisément les points à entretenir.

Six vedettes de mer et deux vedettes de rivière, régulièrement entretenues et renouvelées, permettent de maintenir un service permanent dans presque toutes les conditions météorologiques. Les interruptions du service de rade se limitent à une ou deux marées annuelles. deux autres vedettes de mer sont utilisées pour assurer la desserte des navires dans les ports de Caen-Ouistreham et Dieppe.